13 janvier 2026

Politique en faveur des personnes âgées : désaccords persistants et urgences à résoudre

Lors des précédentes discussions budgétaires le groupe UGES a pu exprimer un certain nombre de désaccords avec les choix opérés concernant la politique en faveur des personnes âgées :

  • Nos inquiétudes portaient et portent toujours sur la création de places médicalisées, alors que la demande est forte ;
  • Désaccord sur le choix du Département d’augmenter le tarif horaire pour les usagers afin de financer la revalorisation salariale dans l’aide à domicile, plutôt que d’accorder une dotation globale aux SAAD ;
  • Désaccord dans la mise en œuvre des CPOM avec une bonification insuffisante pour la moyenne dépendance ;

Cette année encore, le groupe UGES a souhaité alerter sur la situation économique des Ehpad, notre Département ne fesant malheureusement pas exception. Selon une enquête récente de la Fédération Hospitalière de France (FHF), 70 % des EHPAD publics hospitaliers étaient en déficit en 2024. En analysant les résultats 2023 des établissements publics et associatifs, la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA) a démontré que les Ehpad publics et associatifs ont perdu plus d’un milliard d’euros en cinq ans. En 2024, même des EHPAD publics avec un taux d’occupation très élevé (≥ 97 %) peuvent être déficitaires.

Malgré une inflation moins forte, quelques aides de l’Etat, l’engagement du Département ici en Isère, la situation s’aggrave du fait du cumul du déficit et l’absence de perspective d’amélioration. La hausse à venir des cotisations CNRACL (Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales, +3% par an entre 2025 et 2028) qui touche aussi le Département, ne sera compensée par l’État que sur la part relative au forfait « soins » – soit un niveau de compensation estimé à 40% de cette augmentation. Déjà en grande difficulté, les Ehpad publics ne pourront pas absorber cette charge supplémentaire.

Enfin, le groupe UGES a exprimé son désaccord sur la décision prise en mars dernier de se désengager partiellement du financement, en complément de celui de la CNSA, du développement de l’habitat inclusif (réduction de l’aide à la vie partagée notamment). Alors même que des porteurs de projet s’étaient engagés. Cela nous inquiète alors qu’une enquête menée par l’association « Les Petits frères des pauvres » constate que 750 000 personnes de 60 ans et plus sont aujourd’hui en situation de « mort sociale », c’est-à-dire totalement ou quasi totalement coupées de tout lien avec leur famille, amis, voisins ou tissu associatif. L’habitat inclusif, comme l’habitat partagé ou intergénérationnel fait partie des solutions pour lutter contre l’isolement. Il est donc dommage que le Département lève le pied sur ces dispositifs. 

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