13 janvier 2026

La précarité alimentaire explose : pourquoi l’État et le Département doivent agir maintenant

Selon les différentes associations qui s’investissent en Isère, 10 000 personnes bénéficient d’une aide alimentaire, soit 6 millions de repas par an. Soulignons que dans ce domaine les chiffres sous-évaluent la situation : selon une enquête récente du CREDOC, parmi les personnes précaires, celles qui recourent à la distribution de colis de produits ne seraient que 15 %. La plupart des personnes en insécurité alimentaire se « débrouille » en général autrement. Débrouille : c’est le mot-clef pour comprendre comment les personnes et familles parviennent à faire leurs courses et à manger, malgré de petits budgets.

Faute de moyens financiers 16% des répondants doivent restreindre leur alimentation, 9% ne peuvent pas manger protéines, même tous les deux jours, 7% réduisent chaque semaine le nombre de leurs repas et 9% les portions, 12% disent qu’il leur arrive ne pas avoir assez à manger. Ces indicateurs révèlent les différentes formes de précarité alimentaire.

Car l’aggravation des situations de pauvreté a pour conséquence notamment l’augmentation de la précarité alimentaire qui nécessite que le Département reste présent et soutenant des associations d’aide alimentaire qui voient les demandes exploser, d’autant que de son côté l’Etat diminue également ses aides.

On le sait aujourd’hui, la crise sanitaire a révélé les inégalités déjà existantes et les situations difficiles que vivent de millions de Français, en particulier celles et ceux issus des milieux modestes. Elle est surtout un accélérateur de la misère, en faisant basculer un plus grand nombre encore de personnes dans l’extrême pauvreté (+30 % sur l’année 2020) qui malheureusement se confirme en 2024 et 2025.

Plus de 11 millions de Français vivent désormais sous le seuil de pauvreté, c’est le cas pour un enfant sur cinq ; 1/3 des ménages a vu ses revenus chuter cette année ; le nombre d’allocataires du RSA explose. Et on apprend récemment que l’état souhaite diminuer de 13 % le soutient aux organismes en charge de l’insertion ! Le Secours Populaire a déclaré que « nous n’avions jamais vu une situation pareille depuis la 2e guerre mondiale ». L’Isère n’échappe pas à cette tendance.

C’est pourquoi un soutien de la part de l’Etat aux collectivités locales qui mettent en place des politiques de solidarité, est indispensable. Sans une aide exceptionnelle aux associations caritatives et de solidarité, elles ne pourront pas satisfaire toutes les demandes de secours. L’argent existe pour financer ce plan d’urgence: en France, la fortune des milliardaires a progressé de 439 % en 10 ans. Les dividendes versés aux actionnaires ont atteint 23,2 milliards en 2018 soit une hausse de 60 %.

Plus globalement nous souhaitons insister sur le soutien que le Département doit non seulement continuer d’apporter aux associations de solidarité – qui assurent des missions de service public essentielles à la cohésion nationale – mais aussi renforcer dans une période où elles sont mises en péril comme l’a montré le mouvement associatif national à travers le récent appel au secours national « ça ne tient plus » que nous avons déjà relayé lors des dernières séances.

A cet égard le groupe UGES a proposé un fonds de soutien pour les associations de solidarité et non la simple reconduite d’un budget conforme à celui de l’année dernière, qui les a déjà largement amputées de leurs subventions. C’est un bien mauvais exemple des choix fait par la majorité départementale que celui de faire des économies sur le dos des associations Iséroises.

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