La protection de l’enfance est une des missions les plus essentielles des départements, car il s’agit de l’avenir des 6800 enfants placés ou suivis en Isère. L’Intérêt supérieur de l’enfant, au cœur des missions de l’ASE est une préoccupation constante, qui doit guider l’action politique et publique du Département, et doit toujours être ce qui nous rassemble, qui plus est dans le contexte de crise du système de protection de l’enfance, et des situations de vulnérabilités sont prégnantes. Un seul chiffre : depuis 2016, les informations préoccupantes en Isère ont augmenté de 102% (rapport de l’ODPE de l’Isère).
Ce qui devrait nous rassembler, ça devrait être prévenir plutôt que guérir dans les actes, et non en supprimant certaines actions pour soutenir les parents dans leur rôle éducatif et détecter les fragilités et les besoins dès le plus jeune âge.
Ce qui devrait nous rassembler, ça devrait être de convenir que l’accompagnement social, éducatif, psychologique des Mineurs isolés nécessite d’être réformé en profondeur.
Ce qui devrait nous rassembler, ça devrait être d’assurer un hébergement digne aux enfants à la rue, dans un contexte où 1300 familles avec enfants appellent le 115 chaque soir sur les 4400 appels en moyenne dans notre département. A Grenoble des écoles sont régulièrement occupées faute d’hébergement et en ce mois de décembre une famille dort devant le collège Vercors.
Ce qui devrait nous rassembler, ça devrait être de se dire que face aux violences intrafamiliales, face aux mesures d’aide à domicile non exécutées (CF le rapport 2024 de l’ODPE qui en cite plus de 400), face aux situations parfois dramatiques de prostitution de mineures ou de maltraitance relayés dans la presse, nous avons le devoir commun de faire plus et de faire encore mieux.
Le groupe UGES remercie les professionnels qui œuvrent tous les jours pour faire plus et pour faire encore mieux, dans un cadre légal et budgétaire très contraint. Souvent bien trop contraint. Merci aux professionnels pour leur engagement qui, conjugué à la volonté des enfants, permettent de retisser les liens humains, les liens de confiance en la vie et imaginer positivement l’avenir.
Voilà tout ce qui devrait nous rassembler en Isère et que nous ne retrouvons pourtant ni dans les mots ni dans les choix budgétaires de la majorité départementale.
