Le débat d’orientations budgétaires 2026 s’est déroulé ce 14 novembre 2024. Il a permis de mettre en évidence la grande ligne de fracture entre la gauche et la droite : la question de la justice fiscale et de la préservation de notre modèle social.
Les besoins des populations augmentent car les vulnérabilités ne cessent d’augmenter. Le système ultralibéral ne tient aucune de ces promesses : la fameuse théorie du ruissellement, que la Droite et les Macronistes ont toujours soutenu n’est qu’une chimère ! Il n’y a aucune théorie du ruissellement qui tienne et qui n’ait jamais tenu. Le nombre de milliardaires a doublé en 10 ans en France et pourtant en 2025, on estime à 10 millions le nombre de français qui vivent sous le seuil de pauvreté (14,5 % de la population), soit 1,7 millions de personnes supplémentaires en 25 ans.
Et alors que les besoins explosent, le pronostic vital des missions historiques en matière de solidarités humaines et territoriales confiées aux départements est engagé. Alors que les besoins explosent, le pronostic vital de l’ensemble du réseau de l’économie sociale et solidaire est lui aussi engagé. C’est un plan social massif et silencieux qui s’annonce dans tout le secteur associatif si rien ne bouge.
Ce qui est en jeu : c’est la continuité de nos services publics. Ce qui est en cause : ce sont les choix politiques – nationaux, mais aussi locaux.
Ne nous y trompons pas : la dépense qui sert à prendre soin n’est pas le problème. C’est du manque de recettes cohérentes, robustes, pérennes et évolutives : c’est delà que naissent nos difficultés et les difficultés des départements. Les recettes du Département dépendent d’un marché immobilier instable (via les droits de mutation à titre onéreux) et de la consommation (via la part de TVA qui a remplacé la taxe sur le foncier bâti). Le financement de notre modèle social repose ainsi sur des variables économiques volatiles, sans lien avec les besoins sociaux réels.
Il est temps de revoir ce modèle afin de répondre aux attentes grandissantes des Françaises et des Français et de permettre à nos collectivités départementales de faire face aux devoirs de notre siècle : protéger les enfants face à la multiplication des situations complexes, accompagner le vieillissement de la population, faire face aux catastrophes naturelles dans le contexte climatique actuel, et préserver la gestion des ressources naturelles essentielles comme celle de l’eau.
Il existe des solutions pour imaginer de nouveaux modèles de financement et ceux-ci doivent reposer sur une meilleure justice fiscale. Seule une meilleure justice fiscale permettra de préserver notre modèle social : à titre d’exemple, si un point de CSG prélevé sur les revenus du patrimoine était transféré aux départements dès 2016, cette mesure permettrait de mobiliser 15 milliards d’euros pour soutenir les politiques de solidarité. C’est ce que soutient la Gauche à l’échelle nationale.
Et c’est finalement bien ça la grande ligne de fracture entre la gauche et la droite : la question de la justice fiscale et de la préservation de notre modèle social !
- A gauche : au groupe UGES nous pensons qu’il faut préserver notre modèle social, celle d’une société où chacun contribue selon ses moyens, pour garantir à tous un égal accès aux droits fondamentaux.
- A droite : la majorité départementale défend toujours moins de dépenses publiques, donc moins de services publics et par ricochet : moins de remparts pour protéger, moins de tremplins pour changer la vie, en « priant » désespérément le ruissellement. Et surtout : il faut toujours s’interdire de remettre un peu de justice dans la fiscalité.
Nous avons donc interpellé fortement la majorité départementale : cela ne les « chiffonne » pas qu’en 20 ans l’écart entre les 10 % les plus riches et les 10 % les plus pauvres ait augmenté de près de 17 % ? Cela semble-t-il « dingue », dans le contexte actuel de nos collectivités et des besoins de la population, de demander un peu de patriotisme aux 1800 plus grandes fortunes de France qui ont vu leur patrimoine se multiplier par 10 en 25 ans ? C’est dans ce sens que la population soutient à plus de 84% la taxe Zucman ! Car ce n’est que justice !
Voici donc la différence fondamentale entre la Gauche et la Droite : la Droite souhaite préserver les intérêts de quelques-uns quand la Gauche souhaite préserver les intérêts de toutes et tous.
Une différence qui se traduit dans les orientations budgétaires du Département pour 2026. Des orientations plutôt creuses et laconiques, presqu’énigmatiques sur certains sujets. L’exécutif déclare ainsi que « l’heure est difficile pour les acteurs de la solidarité ». Nous sommes en accord avec le constat, mais soulève bien des interrogations :
- Où est l’engagement de la majorité départementale à consolider de manière prioritaire le filet de sécurité pour les Iséroises et Isérois que constituent nos politiques de solidarité ?
- Où est l’engagement de la majorité départementale de 2023 de « prévenir plutôt que guérir » quand elle sabre une partie des actions de la protection de l’enfance, en particulier celles en direction de la prévention primaire ? S’est-il perdu dans ce que l’exécutif appelle le « réenchantement de l’aide sociale à l’enfance » ?
- Où est l’engagement de la majorité départementale de soutenir les acteurs qui contribuent aux côtés des collectivités au service public, associatifs, coopératifs, mutualistes ? Un fonds de réserve est-il prévu à leur destination pour 2026 ? Ou au contraire, le Département participera avec indifférence à leur liquidation ? Ces mêmes acteurs qui ont subi un désengagement de la part du Département d’1,4 millions d’euros.
Le groupe UGES est bien conscient que la situation des départements est extrêmement difficile. Nous constatons depuis plusieurs années une croissance de nos dépenses plus rapides que nos recettes. Mais cet écart est réduit ici en Isère à chaque modification budgétaire. Nous demandons ainsi le vote d’une décision modificative dès février 2026 afin de pouvoir reverser le fonds de réserve prévu dans le pot commun si nous sommes cette année encore épargner par le dispositif DILICO.
En octobre 2025, le Département a réduit largement son recours à l’emprunt sans épargner pour autant ses partenaires associatifs. La majorité départementale fait également le choix de financer généreusement des projets à la limite du champ de compétences départementales et en engageant le Département dans des opérations publiques-privées qui tournent parfois presque au fiasco.
Les élu.e.s du groupe UGES porte un objectif clair : préserver notre protection sociale. Protéger les femmes, les hommes et les enfants prioritairement. C’est la mission des départements. Et cela signifie, des choix courageux, des choix essentiels.
