A l’occasion du débat budgétaire du 17 octobre (décision modificative), le groupe UGES a fait les comptes ! Pour cette année 2025, ce sont 1,4 millions d’euros de désengagement du Département auprès du secteur associatif en Isère, en particulier auprès des associations de solidarité et environnementales. Alors que partout en France et notamment en Isère, le mouvement associatif a manifesté pour dire que « ça ne tient plus! »
Une décision modificative plutôt favorable
Selon les propres termes du Vice-président aux finances, Julien Polat, la Décision modificative (DM) présentée en octobre est « plutôt favorable ». Plutôt favorable effectivement, quand on constate une croissance des recettes plus élevée que celle des dépenses, conjonction de recettes de la part de l’Etat sur le volet économique et d’une bonne dynamique des Droits de Mutation à Titre Onéreux (DMTO) démontrant que notre territoire dispose d’une bonne vitalité avec un marché de l’immobilier qui reste dynamique. D’ailleurs, cette dynamique nous préserve par rapport à d’autres territoires .
Une DM plutôt favorable qui, malgré des besoins sociaux qui restent extrêmement forts et qui impactent naturellement le budget départemental (autonomie, enfance, insertion…), nous permet d’envisager de réduire notre recours à l’emprunt de 31,6 millions d’euros.
Efforts de gestion
Alors bien sûr, nous sommes conscients des efforts de gestion rigoureuse de l’argent public que chacun doit être en mesure de faire, dans un contexte d’instabilité politique et alors que nous ne savons pas à « quelle sauce » les collectivités locales seront « mangées » dans le cadre du PLF 2026.
Certains paient plus que d’autres
Mais, alors que le Président du Département disait, à l’occasion du vote du budget que « les économies qui nous sont et nous seront imposées, il va falloir qu’elles s’appliquent à nous et à nos partenaires », nous constatons que le poids des économies demandées est très injustement réparti. Certains paient plus que d’autres ces efforts. Et ceux qui paient le plus sont celles et ceux qui dont déjà les plus vulnérables. Le groupe UGES avait déjà sonné l’alerte lors du vote du budget au mois de mars dernier.
1,4 M€ de désengagement auprès du secteur associatif
Un chiffre a été omis d’être mentionné dans la Décision modificative présentée par la majorité départementale : les 1,4 millions d’euros d’efforts demandés au secteur associatif de notre Département pour cette année 2025. Et pourtant.
Le mouvement associatif s’est organisé partout en France et ici aussi en Isère pour dire la fragilité du tissu associatif dans notre pays, qui voit d’année en année les subventions publiques s’amoindrir. Le collectif Alerte association 38 était présent dans différents lieux en Isère 11 octobre dernier, et notamment au Congrès des maires pour dire que « ça ne tient plus ! ». La culture, le sport, l’éducation populaire et la jeunesse, le lien social et la lutte contre l’isolement, les structures de soin, d’accompagnement, et de prévention, les aides à la personnes…sont menacés ! Ce sont 28 000 associations dans notre département, 260 000 bénévoles, 30 000 emplois salariés, c’est 250 emplois associatifs d’ores et déjà supprimés en Isère pour cette seule année 2025.
Taille au sécateur contre déforestation
Vu du côté du Département, 1,4 M€ sur un budget total de 1,8 Mds€ ce n’est peut-être qu’une coupe au « sécateur » selon les propres termes du Président du Département. Mais vu du côté des associations concernées, 1,4 millions d’euros ce n’est plus une taille au sécateur c’est une déforestation ! Pour les Lieux d’Accueil Enfants Parents dont le réseau isérois ont manifesté devant le Département ce 17 octobre : le désengagement du Département c’est 20% de budget en moins et c’est donc la pérennité des structures de prévention auprès des enfants qui est engagée !
Si aujourd’hui le Département décidait de diminuer son recours à l’emprunt de 30 millions d’euros et non de 31,6 millions, la différence pour les finances publiques serait quasi neutre. Mais la différence pour les associations de l’Isère, leurs bénévoles, leurs salariés, pour l’ensemble des isérois serait un geste non seulement fort, mais aussi tout à fait essentiel. C’est ce que le groupe UGES a demandé à l’occasion de cette décision modificative.
