8 décembre 2025

Salariat de médecins : la majorité départementale est bien sortie de son dogmatisme !

Le Département de l’Isère a engagé le recrutement et l’installation de deux nouveaux médecins généralistes dans son Centre médico-social de Beaurepaire. Eléonore Kazazian-Balestas et Amandine Germain ont salué cette décision, rappelant le changement de posture de la droite départementale sur le salariat de médecins après des années de dogmatisme sur le sujet.

Les enjeux liés à la santé sont une des préoccupations les plus fortes des Français. La désertification médicale concerne désormais tous les territoires ruraux, péri-urbains, urbains et même les centre-urbains : selon les données du Ministère de la santé 9 millions de Françaises et de Français sont concernés par cette désertification. Ses causes sont multiples: le manque de professionels, le vieillissement de la population ou encore l’augmentation des affections de longue durée dont les maladies chroniques.

Face à cela, le desserrement du numerus clausus (apertus) peine doucement à avoir des effets, comme la montée en compétences des autres professionnels de santé (infirmière). Les réponses face à la désertification médicale sont sont multiples. Elles doivent surtout être coordonnées entre les services de l’Etat et les collectivités comme entre les collectivités elles-mêmes, dans l’objectif d’être complémentaires, pragmatiques et non dogmatiques.

C’est dans cet état d’esprit que la Gauche demande depuis 2018 au Département de l’Isère de salarier des médecins pour répondre aux besoins d’accès aux soins des Isérois, en complément des dispositifs incitatifs à destination des libéraux. C’est dans cet état d’esprit que nous demandons à la majorité départementale depuis 2018 de sortir de son dogmatisme. Et ça avance enfin !

Lors de la séance publique du 29 mars 2024, et alors que nous nous félicitions de la création d’un premier centre de santé départemental aux Avenières pour lutter contre les déserts médicaux, Madame la Vice-présidente à la santé nous interpellait : « renseignez-vous, lisez la littérature scientifique, malheureusement le salariat des médecins n’est pas une réponse à la désertification médicale ! ». Prenant aux mots la Vice-présidente, nous pouvons ainsi citer l’article de la Direction de la Recherche , des Études, de l’Évaluation et des Statistiques (DREES) « Remédier aux pénuries de médecins dans certaines zones géographiques » , qui met en avant les initiatives prises par les collectivités locales comme celle du Conseil départemental de Saône-et-Loire et de la mise en place un centre de santé départemental multisite, avec des structures et antennes réparties sur le territoire (les médecins qui y exercent sont recrutés et salariés par le département).

Le 27 juin 2025, les conseillères et conseillers départementaux votaient sur le « salariat des médecins généralistes au sein des locaux du Département à Beaurepaire ». Une délibération qui précise d’ailleurs que « le Département souhaite développer le salariat de médecin au sein de ses locaux dans les zones les plus en tension » ou encore que « le centre de santé est une structure sanitaire de proximité qui participe à pallier la carence en médecine générale (…) en complément de l’offre médicale existante sur le territoire retenu ». C’est ce que la Gauche dit depuis 7 ans maintenant ! A croire que la majorité de Droite lit la même littérature scientifique que nous.

Nous espérons d’ailleurs que la commune d’Échirolles sera bien le prochain territoire à pouvoir bénéficier d’un même centre de santé avec des médecins salariés du département.

Nous espérons encore que ces médecins salariés mettent en place des visites domiciliaires afin de venir au plus près des habitants, et que le 3ème bureau du centre de santé pourra accueillir à l’avenir un spécialiste ou bien une infirmière en pratique avancée pour suivre les affections de longues durées. Espérons également que la phase de recrutement de ces médecins salariés réinterroge la majorité départementale sur les critères des bourses d’aide à l’installation en les élargissant aux étudiants souhaitant être salariés.

Espérons enfin, avec le même pragmatisme, que les parlementaires et les formations politiques de la majorité départementale abordent la proposition de loi de lutte contre la désertification médicale, portée par le député Guillaume Garot. Cette loi permettra notamment la régulation de l’installation des médecins au même titre que pour les autres professionnels de santé – notamment les pharmaciens -. Nous comptons donc sur l’ensemble des parlementaires isérois comme sur les amitiés de la droite iséroise au Ministère de la Santé, pour faire avancer la cause, et l’accès aux soins pour toutes et tous !

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