Comme partout ailleurs, l’Isère subit une grave crise du logement. Parallèlement, la production et la rénovation de logements sociaux reculent, notamment à cause de la baisse des aides de l’État et de politiques nationales insuffisantes. Cette situation aggrave la saturation de l’hébergement d’urgence et dans ce contexte le groupe UGES a demandé une nouvelle fois une réforme du Fonds de Solidarité Logement pour l’élargir à un plus grand nombre de bénéficiaires.
Le logement est un droit, c’est l’un des droits les plus fondamentaux, car disposer d’un logement est une condition essentielle à la dignité humaine. Nous subissons en Isère comme ailleurs une crise du logement qui se manifeste par une offre insuffisante, des prix particulièrement élevés, des difficultés d’accès pour les plus vulnérables, des enjeux liés à la précarité énergétique, et une forte demande de logements sociaux (environ 40 000 demandes en attente en Isère).
Et pourtant, la rénovation des logements peine. Et pourtant, la production de logements sociaux s’effondre ces dernières années du fait de la résistance de certaines communes à porter une politique volontariste jusqu’ici dans notre territoire, des difficultés d’accès au foncier et la baisse des aides publiques de l’Etat depuis 2018 (baisse des aides à la pierre, baisse des aides indirectes avec la réforme des APL qui a contraint les bailleurs à réduire les loyers sur leur fond propre).
Face à cette crise profonde, il faut en finir au niveau national avec la ponction sur les recettes des bailleurs sociaux, maintenir les aides à la pierre et tenir les engagements financiers dans les programmes de l’Agence nationale pour la rénovation urbaine (Anru). Depuis 2017, la politique nationale du logement est tout simplement absente : qu’il s’agisse de la réforme des aides au logement en 2018 ou la loi ELAN soutenue largement par le centre et la droite. C’est toute l’économie du logement qui a été gravement mise en crise par les gouvernements d’E. Macron.
Pourtant, investir dans le logement, c’est prévenir et anticiper les ruptures de parcours, car la situation de saturation des dispositifs d’hébergement d’urgence (4400 appels au 115 chaque jour en Isère ) est aussi liée, pour partie, à des difficultés d’accès et de maintien dans le logement. Nous devons être offensifs sur ce sujet : le logement est un filet de sécurité déterminant.
Dans ce cadre, le Fonds de Solidarité Logement (FSL) a un rôle déterminant car il permet d’accorder des aides financières et de mettre en place des mesures d’accompagnement social liées au logement pour les personnes et ménages en difficulté (paiement du loyer, dépôt de garantie, frais d’agence, assurance habitation, aide au règlement de factures d’énergie…). Les modifications partielles apportées au règlement ont permis d’élargir les aides « précarité énergétique » en 2023 permettant d’élargir un peu les bénéficiaires. C’était une de nos demandes depuis cinq ans. Nous pensons toutefois que les critères restent encore trop restrictifs dans la situation sociale actuelle, notamment sur les plafonds de ressources qui ne suivent pas les revalorisations des minimas sociaux.
Par ailleurs, les procédures administratives de recours au FSL restent complexes et méconnues. Beaucoup de personnes ignorent l’existence du FSL ou ne savent pas comment faire une demande. Ce sont des démarches qui découragent des bénéficiaires potentiels et pour lesquelles il nous parait essentiel de repenser ce dispositif pour favoriser une meilleure prévention.
