13 janvier 2026

Aides à l’installation : évaluer et mieux cibler

Lors de la session budgétaire 2026, le groupe UGES a demandé un bilan des aides à l’installation de médecins. Nous souhaitons ainsi travailler à un dispositif efficace contre les déserts médicaux et avons exprimé notre vive inquiétude face aux annonces du Premier ministre concernant le transfert des compétences sanitaires aux préfets et conseils départementaux.

Depuis 4 ans maintenant, le groupe UGES est intervenu à de nombreuses reprises sur le budget consacré à la santé publique. Nous vous avons plusieurs fois demandé de soutenir sur un même pied d’égalité la médecine salariée et la médecine libérale. Sur ce point, le groupe UGES avait salué le changement de posture de la majorité départementale avec le salariat de médecins généralistes au sein des locaux du Département aux Avenières et à Beaurepaire, dans des zones en tension. Nous pensons que ces structures sanitaires de proximité peuvent participer à pallier la carence en médecine générale en complément de l’offre médicale existante sur le territoire retenu.

Comme exprimé précédemment, le groupe UGES appelle de ses vœux l’extension à d’autres territoires en tension de ces structures. Nous espérions d’ailleurs à cette occasion que la phase de recrutement de ces médecins salariés réinterroge les critères des bourses d’aide à l’installation en les élargissant aux étudiants souhaitant être salariés. Ce n’est toujours pas le cas et nous le regrettons.

Il serait temps d’ailleurs, 8 ans après la mise en place de ces bourses, d’en établir le bilan. Un bilan qui s’inscrirait aussi dans une analyse d’ensemble des aides à l’installation des médecins en France. A la demande de la commission des affaires sociales du Sénat (dans laquelle siège Madame Puissat), la Cour des comptes a analysé les aides publiques destinées à encourager l’installation de médecins libéraux dans les zones sous-dotées. La Cour des comptes note ainsi que ce système d’aide est complexe, très coûteux et souvent inefficace à l’échelle nationale ; que ces aides devraient être mieux ciblées, en fonction des vrais facteurs d’installation et qu’il faudrait mieux coordonner l’action de tous les acteurs locaux, afin de lutter plus efficacement contre les déserts médicaux. Elle note également que cette situation engendrerait des concurrences inopportunes entre les dispositifs comme entre les territoires

Enfin, il nous semblait important à l’occasion de la séance budgétaire 2026 de faire part de nos inquiétudes quant aux annonces faites par le Premier Ministre sur le transfert des compétences des Agences Régionales de Santé au profit des préfets et des conseils départementaux. Cela reviendrait à fragmenter la politique de santé en de multiples modèles. Et pour la 1ère fois depuis 1945, l’État s’apprêterait à se retirer d’une mission essentielle : garantir à chacun, où qu’il vive, le même accès aux soins. Même si de profondes évolutions sont indiscutablement à penser, elles sont d’abord à construire avec celles et ceux qui soignent, qui accompagnent, qui étudient, qui vivent la réalité des territoires.

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