Dans le cadre des discussions budgétaires pour 2025, Amandine Germain a rappelé les divergences fortes sur la politique en faveur des personnes âgées menée par la majorité départementale :
- Inquiétude sur la création de places médicalisée, absente du schéma autonomie, alors que la demande reste forte et le restera au regard du défi sur la dépendance lors des prochaines deux décennies ;
- Désaccord sur la manière de compenser les revalorisations salariales dans le secteur de l’aide à domicile, puisque le Département a fait le choix d’augmenter les tarifs horaires de l’usager et de ne pas attribuer aux SAAD une dotation financière globale leur permettant d’absorber l’augmentation des salaires ;
- Désaccord sur la mise en œuvre de la dotation complémentaire dans le cadre des contrats pluriannuels d’objectifs et de moyens (CPOM) signés avec les structures depuis 2022 (signature complexe avec les services), avec un niveau de bonification moindre pour la moyenne dépendance par exemple.
Après des moments de tensions très intenses avec certains Services d’aide à domicile (SAAD) historiques dans notre département, il semblerait que le dialogue de gestion porte désormais ses fruits. Le groupe UGES en prend acte et a su faire évoluer ses votes en conséquence (abstention), mais nous maintiendrons notre devoir de vigilance sur le sujet.
En parallèle, le groupe UGES a soutenu ces deux dernières années l’aide versée par le Département aux EHPAD (4 fois plus élevée que celle de l’ARS) pour faire face à l’accroissement de leurs dépenses, dans un contexte qui nécessite que l’Etat s’empare enfin du sujet pour engager « une réflexion pour un changement de modèle permettant de sortir à terme » de la crise qui touche les établissements, selon les propres termes du vœu que l’ensemble des élus départementaux ont adressé en 2023 au Gouvernement. Nous nous félicitons d’ailleurs du changement de ton du Département de l’Isère face à l’Etat sur le sujet.
Face aux enjeux du vieillissement, son urgence, face aux familles inquiètes du reste à charge, des rapports de qualité se sont accumulés, formulant plusieurs propositions. Il est temps que la loi Grand âge, promise puis repoussée plusieurs fois, soit portée dans une approche transpartisane. Pour reprendre les mots de Jérôme Guedj, qui a déposé une proposition de loi dans ce sens il y a un an : « Le sujet du grand âge et de la longévité peut fédérer les intérêts et de bâtir des ponts par-dessus les clivages, afin de prendre en compte une transition démographique qui, si elle n’est pas anticipée à temps, aura la peau de notre pacte social et nourrira une guerre des âges ».
