Gilles Strappazzon est revenu sur le nouveau schéma des Espaces naturels sensibles de l’Isère. Il a salué la méthode de construction , via l’accompagnement d’un cabinet extérieur mais surtout d’une consultation des collectivités locales sur les ENS locaux (ENSL).
Partant d’un diagnostic assez tranché, le Département oriente son objectif sur la bonne maîtrise foncière des ENS, condition essentielle à la bonne animation et gestion des ENS. Au regard des données et consultations, cela semble la bonne direction.
La définition de trois catégories d’ENS (ENS Cœur de réseau ; à vocation patrimoniale et à vocation de sensibilisation à l’environnement) apparaît également pertinente au regard de la diversité des sites. Mais, l’absence pour le moment d’un règlement d’intervention (à venir en CP) nous laisse un peu en suspens pour juger du bon soutien du Département aux ENSL. L’internalisation a eu du bon, nous l’avions nous-mêmes souligné en mars 2022 dans notre position sur le rapport ENS/Biodiversité que nous avons voté (élément important dans la définition de ce vote en septembre).
Le Département n’affiche pas d’ambition en termes d’extension du réseau. On peut le comprendre avec les 30% d’ENS Locaux aujourd’hui inactifs faute de plan de gestion mis en place. La porte n’est pour autant pas fermée à des nouvelles labélisations, mais elles sont conditionnées à la bonne maîtrise foncière du périmètre. C’est bien l’enjeu central de ce schéma et nous serons vigilants sur ce point.
La contribution au réseau des aires protégées est également centrale dans ce schéma, avec la volonté de participer fortement à la Stratégie des aires protégées (SAP) lancé en 2022 par le Gouvernement. On comprend dès lors que le Département souhaite faire classer des ENS en Zones de protection forte. Leur définition est assez large avec la très prégnante question de la pression humaine.
Enfin, nous notons que ce schéma a été construit dans un contexte où l’Etat et la Région voient leur rôle réaffirmé. Cette dernière gère dorénavant les sites Natura 2000 qui a entraîné des débats et des réserves.
Nous voterons ce rapport car, comme les collectivités qui ont répondu à l’enquête départementale, nous percevons positivement la politique ENS du Département notamment dans son soutien financier et en ingénierie. Les ENS sont un bon outil de préservation de la biodiversité (devant les sites Natura 2000 par ex). En revanche, on relève des pistes de travail à ouvrir pour vaincre les difficultés sur la maîtrise foncière, sur les moyens humains et financier à déployer.
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. Causes des ENS inactifs : blocage foncier en majorité, manque de personnel (25%) et absence de priorité pour la commune (25%).
. 30% des communes seraient prêtes à déléguer les ENS aux EPCI.
. Hors sites ENS, 70% des répondants estimes que leurs espaces naturels subissent des pressions et sont dégradés.
. Le soutien financier du Département est reconnu et bienvenu.
