14 juin 2024

Accompagnement des personnes dépendantes : non à un accompagnement à deux vitesses !

Amandine Demore est revenue au nom du groupe UGES sur les orientations du nouveau schéma autonomie des personnes âgées et en situation de handicap et sur l’action du Département en la matière qui renforcent de fait les inégalités d’accès à un service de qualité pour les personnes dépendantes.

Le schéma émet de belles idées mettant en avant le rôle de pilote du Département mais Marie Questiaux a bien démontré que les mesures financières attribuées pour sa mise en œuvre concrète n’étaient pas à la hauteur.

De fait, le schéma affiche beaucoup de déclarations d’intentions sans forcément décliner les modalités de mise en œuvre et reste insuffisant pour couvrir le besoin de suivi des situations complexes de plus en plus importantes, et je pense là au dispositif d’appui à la coordination des parcours de santé complexe par exemple, avec ce double effet de l’accroissement de la population concernée mais aussi du contexte économique qui a évolué avec la crise sanitaire et la crise énergétique.

Les conséquences sont nombreuses.

Les réalités de terrain risquent de mettre en échec ces volontés si elles ne sont pas portées par des services publics qui garantissent le service dans tous les territoires, de la ruralité aux Quartiers prioritaires de la politique de la Ville.

Les acteurs économiques libéraux attendent de plus en plus nombreux au coin du bois pour apporter des réponses à ces populations en perte d’autonomie ou en besoin de services. Et on le sait, c’est par le porte-feuille que les clients et non plus usagers auront accès ou non à ces services.

Et si les acteurs économiques peuvent investir ce champ, c’est que le service public n’est pas suffisamment présent, voici la démonstration une fois de plus que nos services publics représentent un bouclier social qui permet un égal accès aux prestations et services dont nos populations ont besoin.

Nous ne voulons pas d’un service à deux vitesses ou les plus aisés pourraient avoir accès à un service surfacturé, tandis que les familles les plus précaires et les classes moyennes se verraient elles en grandes difficultés.

L’enjeu du vieillissement est bien d’appréhender la dépendance de nos aînés, et de toutes et tous, pauvres comme riches, vivant en zone rurale comme urbaine.

La part des seniors dépendants qui vivent à domicile est importante en Isère, bien supérieur au niveau régional. Les PA aspirent effectivement dans leur majorité à rester chez eux malgré l’expression de la solitude …. cela nécessite un besoin d’accompagnement important à domicile au moment même où les SAAD rencontrent des difficultés.

La question des aidant-es est un vrai sujet aujourd’hui ! Les plans d’aide APA élaborés sur la base d’un référentiel départemental ne permettent pas de prévoir des temps de répit pour que les aidants puissent participer aux actions déployées en faveur de l’aide aux aidants.

Être aidant, est une charge extrêmement lourde, très souvent supportée par des femmes, les mettant souvent en difficulté financière, les privant parfois d’accès à un emploi à temps plein ce qui amplifie le nombre de temps partiel subis (et en cette période de réforme des retraites, on mesure l’importance de pouvoir bénéficier d’une carrière complète, le plus rapidement possible).

Je prendrai l’exemple spécifique et fréquent avec l’avancée en âge de la question des sorties d’hospitalisations. Ces sorties, souvent précipitées, nécessitent une organisation particulière pour les aidant-es, souvent en lien avec le champ de la santé, mais qui va tellement mal que cela complique aussi les choses. Il faut permettre à la personne de réintégrer son domicile en toute sécurité avec les étayages suffisants, tant en aides qu’en soins.

Enfin, le schéma met l’accent sur le rééquilibrage de l’offre en résidence autonomie mais les moyens sont loin d’être suffisants pour sécuriser les modèles. Elles fonctionnent aujourd’hui grâce aux financements attribués par les communes pour leur équilibre. Et les taux directeurs annuels apportés depuis quelques années, cela a été dit et même répété, ne compensent pas l’évolution du coût de la vie.

Ainsi on peut dire que leurs moyens sont en baisse alors que leurs missions sont étoffées vers des publics spécifiques réclamant des temps accompagnements croissants. Pour toutes les raisons que nous venons d’exprimer à travers les différentes interventions de notre groupe, nous nous abstiendrons sur ce rapport.

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