3 novembre 2026

Smartphones au collège : protéger les élèves et les accompagner dans leurs usages numériques

Le groupe UGES soutient le dispositif « Portable en pause », qui vise à limiter l’usage excessif des smartphones et à favoriser les interactions entre élèves. Toutefois, Sophie Romera a rappeler qu’il était nécessaire de compléter cette mesure par des actions de sensibilisation, de prévention du harcèlement et d’éducation au numérique.

Le Département a proposé un appel à projets pour mettre en œuvre le dispositif « Portable en pause », qui vise à protéger les élèves d’une utilisation excessive des écrans et de ses effets délétères. Une démarche dans laquelle le groupe UGES s’inscrit.

En effet, plusieurs études scientifiques tendent à démontrer que la manipulation des écrans chez l’enfant provoquerait la sécrétion d’hormones liées au stress, avec un impact sur le fonctionnement de ses neurones. La mémoire étant moins sollicitée face à un écran qu’à partir d’un support papier, des problèmes de concentration, d’anxiété et de sommeil pourraient également apparaître. Le rapport publié en octobre 2025 par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES) confirme ces effets.

Un usage du numérique à mieux encadrer dans les établissements

L’État français a un rôle clé à jouer en matière de santé publique. Pourtant, son action dans le domaine de l’éducation peut sembler paradoxale : d’un côté, il met en place le dispositif « Portable en pause », mais de l’autre, il systématise par exemple l’usage de l’application désormais incontournable Pronote.

Les espaces numériques de travail (ENT), où sont accessibles les devoirs, les évaluations et les informations relatives à la vie scolaire, les ressources pédagogiques dématérialisées, ainsi que les tablettes et ordinateurs fournis par les collectivités témoignent de l’augmentation continue du nombre d’outils numériques dans les établissements.

Certes, ces outils technologiques offrent des opportunités indéniables. Mais le risque d’une omniprésence non régulée du numérique suscite également une inquiétude croissante chez les enseignants, les parents et les institutions.

Le smartphone reste un outil intéressant, mais son utilisation nécessite d’être raisonnée, intelligente et consciente. Il ne doit pas se substituer à l’interaction humaine.

Faire de la prévention une priorité pour protéger les jeunes

Le Département de l’Isère doit, par ses choix d’investissement, prendre sa part de responsabilité et protéger les élèves des dangers liés à une utilisation excessive du numérique. Celui-ci doit rester un outil de stimulation, et non de substitution. La question de la santé mentale des jeunes, au centre des préoccupations des structures éducatives, est en jeu.

Les pochettes « Portable en pause » ne suffiront pas à elles seules. D’autres outils complémentaires sont nécessaires : des campagnes de sensibilisation au numérique dès l’école, des outils de contrôle, d’alerte et de prévention intégrés aux plateformes numériques, des formations aux enjeux des réseaux sociaux, le dispositif « Internet sans crainte », mais aussi le déploiement de services civiques de prévention du harcèlement dans les collèges. Ce dernier point avait déjà été évoqué par notre groupe dans l’hémicycle, à travers un amendement présenté en décembre 2023.

Car le numérique joue un rôle prégnant dans le harcèlement scolaire, au collège comme au lycée, notamment parce que l’anonymat derrière un écran peut en faciliter les mécanismes.

Les pochettes « Portable en pause » ne permettront certes pas d’éradiquer le harcèlement. Mais cet appel à projets constitue une démarche volontariste qui, en favorisant les interactions humaines, œuvre en faveur de l’accueil, de l’entraide et de la solidarité entre les jeunes. Autant de leviers pour lutter contre le harcèlement et toutes les formes de violence.

Pour toutes ces raisons, le groupe UGES a voté en faveur du lancement de cet appel à projets, tout en restant vigilant sur le dispositif de fermeture des pochettes. L’expérimentation menée en Haute-Savoie a en effet montré que les collégiens pouvaient se montrer particulièrement ingénieux pour contourner le système.

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