Simon Billouet a rappelé lors des débats budgétaires, que les départements ont un rôle fondamental à jouer pour les conditions d’éducation des collégiens : construction et rénovation des collèges. Nous avons d’ailleurs salué par le passé l’évolution de la majorité départementale concernant la végétalisation des cours de collèges, dites « cours Oasis », qui peuvent, notamment en milieu urbain, jouer un rôle important contre le développement d’îlots de chaleur. Le déploiement de ces cours est en pleine montée, l’occasion pour le groupe UGES de remercier les services pour leur travail sur la question ainsi que toutes les questions en lien avec les collèges plus généralement.
Mais les départements ont aussi en charge la gestion de la carte scolaire, qui joue un rôle fondamental dans l’élaboration de la mixité scolaire et donc sociale. Sur ce point, force est de constater que la situation n’évolue pas ou n’évolue que peu. Nous sommes conscients du caractère sensible de ces questions, il n’est pas question pour le groupe UGES de proposer de la faire évoluer à la « tronçonneuse » ou même au « sécateur ». Toutefois, des solutions, comme les secteurs de recrutement multi-collèges, existent et sont expérimentées, souvent avec succès, dans d’autres départements que les nôtres. Nous aurions aimé en échanger avec l’exécutif départementale dans les réunions sur la mixité scolaire dont la Vice-présidente s’en était faite l’écho en séance budgétaire fin 2023. Malheureusement cette invitation publique n’a pas connu de suite : le groupe UGES reste disponible pour participer à toute initiative sur ce sujet, dans le sens de l’intérêt général bien entendu.
Enfin, la question de l’éducation et de la mixité scolaire apporte nécessairement un point sur les établissements privés sous contrat d’association. Ils sont aujourd’hui, encore plus depuis plus d’un an, au centre du débat public. Divers rapports ont pu montrer que, alors qu’ils remplissent de fait une mission de service public, leur gestion et leur contrôle, tant par l’Etat que les collectivités, est plus qu’opaque. Et c’est d’ailleurs ce que la majorité départementale a confirmé en commission puisqu’actuellement le Département ne fait aucun contrôle de l’usage de l’argent versé aux collèges privés.
Par ailleurs, toutes les études disponibles montrent que le privé est en pratique un outil de contournement de la carte scolaire par des ménages plus favorisés, et c’est d’ailleurs ce qu’avait déclaré le Président du Département en 2024 lorsqu’il déclarait qu’il défendait l’enseignement public en évitant davantage de fuite vers l’enseignement privé. Mais alors, pourquoi, dans ce contexte, l’aide à l’investissement dans les collèges privés augmente-t-elle de 800 000 € ? Cette aide pourrait plutôt être modulée selon des critères effectifs de mixité sociale dans les établissements privés, afin que tous les établissements prennent effectivement leur part dans la construction d’une éducation mixte et égalitaire. C’est une augmentation de plus de 30% des aides à ces collèges, aide totalement facultative rappelons-le, dans un contexte budgétaire difficile ! Alors, quand on reprend les dires de la majorité en février 2025 indiquant que « Les économies qui nous sont et nous seront imposées, il va falloir qu’elles s’appliquent à nous et à nos partenaires », on se demande pourquoi tous les partenaires ne sont pas logés à la même enseigne.
La vie est faite de rites et il en est un auquel le groupe UGES ne dérogera pas : « Du bon emploi des forces résulte la puissance publique. De la bonne distribution des jouissances résulte le bonheur individuel. Par bonne distribution, il faut entendre non distribution égale, mais distribution équitable. La première égalité, c’est l’équité. » Nous considérons que la politique menée par le Département ne favorise pas l’équité, et nous nous abstiendrons donc sur ce rapport.
