Le groupe UGES a pris acte de l’avis de la Défenseure des droits relatif aux politiques de protection de l’enfance du Département de l’Isère, ainsi que du bilan intermédiaire du schéma départemental en faveur de l’enfance et de la famille, prolongé jusqu’en 2027. Cette actualité est l’occasion de réaffirmer les propositions que le groupe UGES porte depuis 2021 sur ces politiques.
Il est particulièrement intéressant de pouvoir bénéficier d’un regard extérieur, d’une autorité telle que la Défenseure des droits, sur les orientations et les bilans du Département de l’Isère en matière de protection de l’enfance. Son rapport est à la fois riche et détaillé.
Tout d’abord, la question, essentielle et sensible, du recrutement des assistants familiaux. Le groupe UGES porte cette question depuis 2022, et pourtant les actions prévues dans le schéma départemental Enfance-Famille ne s’inscrivent que dans la période 2025-2027 — autrement dit, à très court terme aujourd’hui. Dans le même temps, le nombre d’assistantes et assistants familiaux diminue, tandis que celui des enfants confiés à l’aide sociale à l’enfance ne cesse d’augmenter, comme le soulignent les données de la DREES. Il y a donc urgence à agir.
Ces professionnels expriment des besoins clairs : un meilleur accompagnement, adapté à la complexité croissante des parcours des enfants accueillis ; une reconnaissance accrue de leur métier ; des temps de répit ; une plus grande stabilité des placements ; ainsi que des moyens renforcés pour répondre aux besoins du quotidien des enfants. Le groupe UGES réaffirme l’importance de répondre à ces attentes, d’autant que ces métiers, de moins en moins attractifs en l’état, risquent de connaître des transformations profondes si rien n’est fait.
Un autre mode d’accueil mérite également d’être souligné : celui des lieux de vie. De petite taille — avec une capacité d’accueil limitée à sept enfants —, ils reposent sur le principe du « vivre avec », impliquant une présence continue et un partage du quotidien.
Ces structures constituent une alternative pertinente aux Maisons d’enfants à caractère social (MECS), notamment pour des accueils de long terme. Leur dimension humaine, leur souplesse et leur accompagnement individualisé semblent particulièrement adaptés pour restaurer la confiance des enfants confiés. Or, ces lieux de vie demeurent encore trop peu développés sur le territoire isérois. Nous soutenons donc leur essor, afin de diversifier les réponses proposées selon les besoins des enfants.
Par ailleurs, la question du handicap occupe une place importante dans les parcours de ces jeunes. Si nous saluons la création de l’IMECS d’Échirolles, celui-ci ne suffira pas à répondre à l’augmentation continue des situations de double vulnérabilité. Nous avons bien pris acte des coopérations engagées, notamment avec le Centre d’action médico-sociale précoce (CAMSP), ainsi que des réflexions sur l’évolution de certaines structures. Toutefois, les moyens déployés restent à ce stade insuffisants.
Il en va de même pour les solutions de répit destinées aux assistants familiaux : les places disponibles sont encore trop limitées pour répondre aux besoins.
En amont, la Défenseure des droits souligne également, dans son rapport, le problème des mesures non exécutées, qu’elles soient administratives ou judiciaires. Ce constat vient confirmer les alertes que le groupe UGES avait déjà portées en séance publique, parfois vivement contestées. Nous espérons que les actions annoncées dans la continuité du schéma permettront une mise en œuvre rapide et une réduction effective des délais de traitement. Si chaque situation exige une évaluation approfondie, la réactivité demeure essentielle pour limiter les souffrances. Le groupe UGES restera particulièrement vigilants sur ce point.
